Les empreintes jumelées, la Daguin Flammes... :

 

Partie 1

Partie 2

Partie 3

Addenda et MAJ

Article visible dans Timbres Magazine
N°185 de Janvier 2017

La Daguin toujours... (Les Flammes)

 

Dans l'Echo du 15 août 1923 on peut y lire dans la rubrique ça & la : Oblitérations-réclames : Ces oblitérations vont se multiplier de plus en plus. Le Sous-secrétaire d'Etat des P.T.T. vient en effet d'adresser aux préfets une circulaire dans laquelle il recommande l'emploi de cachets-réclames et offre aux municipalités qui en désirent les appareils nécessaires pour les apposer sur les lettres. Il n'en coûte que 225 francs par appareil et on a droit à 34 lettres*.

*A ce sujet, il existe de nombreux exemples qui ne respecte pas cette limite, ici les 46 lettres de la flamme de Bourbonne les Bains ce qui donnera lieu à une nouvelle empreinte.

Dans le N°2 de Diligence d'Alsace, l'histoire des flammes de Selestat explique la mise en service d'une machine Daguin depuis le 27 janvier 1928 "SELESTAT/CHATEAUX/ET MONUMENTS/HISTORIQUES" pour une somme totale de 366.72 francs.

Début décembre 1928, la direction des P.T.T. trouve que la flamme ne répondait pas aux dispositions du règlement, ainsi le dernier mot "HISTORIQUES" dépassait les 10 caractères réglementaires, et les lettes dépassent 3mm de hauteur... Après plusieurs courriers, la flamme de Selestat ne sera remplacée qu'en 1932.

La réglementation est donc, 4 lignes maximum de texte, pas plus de 10 lettres par ligne et des lettres de 3mm de hauteur.

Evidemment cette réglementation ne sera pas facile à tenir, une ville comme VILLEFRANCHE contient 11 caractères...

Ou encore VAL-LES-BAINS, avec FOIE-INTES- pour intestin.

Laurent Bonnefoy m'a présenté une note officielle datée du 11 janvier 1924 qui diffère quelque peu des éléments contenues dans l'article de La Diligence d'Alsace il faut croire que des modifications ont été réalisées depuis début 1924

 

C'est dans le numéro 152 de septembre 1923 du Timbres-Poste de Georges Brunel que l'information sera relayée suivie d'une liste d'oblitérations devises en août 1924, et en décembre 1924 avec signalement d'une réglementation par une circulaire du 8 août 1923 inscrite au Journal Officiel le 17 août 1923.

 

Dans le N°163 des Feuilles Marcophiles en 1964, une information tirée de l’Illustration du 22 novembre 1924, liste des villes dont les flammes publicitaires ont été autorisées par la circulaire le 8 aout 1923, inscrit au JO le 17 aout 1923, page 8058.

Aix en Provence, Amélie les Bains, Arcachon, Argeles-Gazost, Armentieres, Avranches, Ax les Thermes, Bagneres de Luchon, Bandol, Beauvais, Berck Plage, Besançon, Biarritz, Brest, Cambo, Cauterets, Chatelguyon, Dax, Deauville, Dinard, Fougères, Fréjus, Grenoble (Flier), Huelgoat, La Bourboule, La Rochelle (Flier), Le Havre, Le Pouliguen, Sables d'Olonne, Lézignan, Lisieux, Lourdes, Menton, Ouistreham, Pau, Plombières, Quimper, Royat, Saint-Gaudens, St Germain-en-Laye, St Quay, St Pierre de Chartreuse, St Raphaël, Saintes, Saumur, Sedan, Senlis, Soreze, Thiers, Vannes, Veyre-Monton, Vichy (Flier). Vu également en septembre 1923 Dunkerque/Malo les Bains, signalé Nevers, Vienne, Bagnoles.

Dans le N°243 des Feuilles Marcophiles en 1985, un article de Paul Lamar intitulé : L’Aube des flammes de propagande d’intérêt privé en France présente le texte de la circulaire adressée à MM. Les préfets, signée Paul Laffont, Secrétaire d’Etat aux Postes et Télégraphes, le 8 août 1923 (J.O. des 16 et 17-8-23, page 8058).

« L’Administration des Postes, désireuse de seconder les efforts de l’initiative privée, a décidé d’aider à la propagande. Dans ce but, elle a décidé d’autoriser les départements, les communes, les syndicats d’initiative, les commissariats généraux et tous comités d’organisation de manifestations… à demander à l’administration l’oblitération des correspondances au moyen de flammes ou de cachets comportant des mentions de propagande…

La seule condition que l’Administration mette à son concours consiste dans le remboursement par les intéressés des dépenses occasionnées par cette propagande.

Dans les grands bureaux pourvus de machines à timbrer, ces dépenses consistent surtout dans le prix des flammes nécessaires, qui est approximativement de 200 f.

Dans les bureaux non pourvus de ce matériel… les intéressés auront à supporter les frais d’achat d’une machine dont le prix varie de 4000 à 8000 f. ».

« Pour réduire d’ailleurs les dépenses des intéressés, l’Administration vient de réaliser une modification de construction de la machine à main la plus communément employée dans les bureaux de moyenne et faible importance.

La publicité assurée par cette machine ainsi adaptée à son rôle nouveau ne peut évidemment comporter qu’un texte assez restreint. Mais la dépense est beaucoup moins élevée puisqu’elle n’atteint qu’une somme de 200 à 250 f par machine ».

Ce paragraphe concerne bien entendu la machine Daguin.

M. Aymard signale une flamme de Luchon datée du 1er juillet 1923.

 

Dans l'Echo N°1381 , en 1969, M. Goubin livre un article sur Eugène Daguin, il signale une note du 27 octobre 1959 qui annonce « Les machines Krag, R .B.V. et Daguin devant être réformées prochainement , aucune demande de concession de flammes d’oblitération ne sera plus acceptée pour ces types de machines ».

Une circulaire de février 1963 indique que les bureaux équipés uniquement de machines Daguin ne seront plus considérés comme équipés mécaniquement.

Il présente une des dernières flammes de L’Epine dans la Marne en juillet 1967. (Le receveur de l’Epine frappe désormais séparément timbre à date et flamme, sa machine ayant rendu l’âme).

 

Dans l'Echo N°1384 d'avril 1969, Louis Goubin présente deux empreintes de Liffré en Ille-et-Vilaine de 1952 et 1958 dont la première présente un écart de 1mm, alors que pour l’autre il y en a 3.

L’écart est dû aux deux queues filetées porteuses des cachets, qui viennent s’encastrer dans deux logettes dont les axes respectifs sont distants de 28mm.

La flamme est excentrée pour utiliser les timbres à date de 30mm en 1950.

 

Dans l'Echo N°1448 d'octobre 1974, article de Louis Goubin : Le second modèle de flammes Daguin.

Lecture d’une lettre circulaire envoyée le 5 octobre 1949 par la direction du matériel postal, Boulevard Brune à Paris (référence 1277 MP/EC) aux directeurs départementaux sous couvert des directeurs régionaux.

« J’ai l’honneur d’attirer votre attention sur les modifications apportées au matériel postal suivant :

1° Couronnes 02.01 type 1949.

A partir de janvier 1949, ont été mises en services des couronnes 02.01 de 30mm. De diamètre au lieu de 27.5mm. Ces couronnes livrées avec une cale d’épaisseur calibrée destinée à garnir le fond de la cuvette et à donner aux blocs gravés une assise plus plane que celle obtenue précédemment par le bout de manche du timbre à date. Cette cale d’épaisseur sera remplacée plus tard par un piston éjecteur.

2°…

3° Flamme Daguin N°14.01, 14.02 : A partir du 1er septembre les flammes pour machines Daguin sont eu type 1949.

Les anciennes flammes sont carrées et symétriques ; les flammes type 1949 ont 18.5mm de hauteur et l’axe de fixation n’est plus au centre du carré. L’utilisation d’une flamme 1949 entraîne l’emploi d’une couronne 02.01 type 1949 et réciproquement. Il est très important de s’assurer, lors d’une commande de flamme de publicité, que le bureau est muni d’une couronne 02.01 à rondelle, à demander éventuellement en même temps que la flamme ».

Les premières flammes excentrées n’ont pu probablement être mises en service qu’au 1er trimestre 1950.


 Les flammes Daguin en temps de Guerre


  Les flammes Daguin en temps de Guerre.

On constate une raréfaction importante des Daguins flamme pendant la période 1940 à 1945.

Certains pensaient que les employés des postes par pudeur, n’utilisaient plus les flammes qui vantaient leur ville.

Barthélémy pensait qu’une circulaire des allemands avait supprimé le droit de l’oblitération avec flamme.

Une information d’Yvon Nouazé dans son ouvrage sur les empreintes mécaniques, m’a remis dans le droit chemin, il s’agissait d’un article en 2001, d’Annette Apaire et Bertrand Sinais dans Timbres Magazine N°13, qui signale des notes retrouvées au Musée de la Poste :

Circulaire du 26 août 1940 prescrivant le retrait des flammes de propagande...
Note du 28 septembre 1940 indiquant l'inconvénient des flammes de propagande...
Note du 30 septembre 1940 qui suspend provisoirement les flammes de propagande...
Note du 21 juin 1941 signalant que les flammes retirées doivent être adressées au dépôt central du matériel...

Malgré ces notes, quelques flammes firent de la Résistance…

Ax les Thermes, Blonville2, Briançon, Briare1, Caudry, Challes les eaux2, Gerarmer1, Gisors2, Grans2, Ille sur Tet, Landreville2, Lyon Mouche2, Moreuil,Rennes les bains2, Les Riceys1, Saint Nectaire1, Tarare, Thury Harcourt, Verdun sur le Doubs, Villard1, Vitré2... à compléter.

Ce type de pratique n'est pas autorisée par l'Administration des Postes, cependant 22* bureaux sont signalés comme ayant utilisés la machine Daguin à ses fins.

*1 Dans le livre de René Geslin. *2 Dans la revue CPM N°63 de juillet 1984.


*Vu également ces empreintes de Chatelguyon en octobre 1940 (image E_Angeninon), Royat (image Titaphilatelie) et La Roche-Guyon (image Ardphil).



Dans le mini N°12 des Feuilles Marcophiles de novembre 1976 Goubin indique que c'est vers la fin 1967 que les
flammes disparaîtrons.

Cachet à date et flamme muette, le texte est remplacé par 5 lignes ondulées apparues après 1950, certaines sont restées en service jusqu’en 1965, exemple Chevilly 24-5-1965.

L’étrange empreinte jumelé de la Daguin de Blanquefort

 

Alors que je m’attaque à l’impressionnant travail que nous propose Jacques Consejo sur la Gironde, je tombe sur cette étrange empreinte, laissé par un enfant d’Eugène.

Daguin de Blanquefort

Aussitôt je recontacte Jacques, en lui demandant s’il a des reproductions, et, comme vous pouvez le constater, c’est bien le cas.

http://aremorica.free.fr/divers/daguin/dag.php?dag=955

Un article a été écrit d’après l’auteur, dans le N°170 de la Philatélie Française, malheureusement, je ne le possède pas.

Ça ressemble à un timbre à date, que l’on aurait usiné, car le centre est évidé, mais on a du rajouter de la matière pour être au même niveau que l’autre empreinte ?

 

Dernière mise à jour : novembre 2016